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Atelier : Osez le féminisme (29 mars 2013)

dimanche 31 mars 2013, par Paul Rapinat.

Nouvelles formes de militantisme : exemples féministes (www.osezlefeminisme.fr)

Dans une petite salle de l’Université, un atelier s’est formé pour évoquer les nouvelles formes de militantisme à travers des exemples féministes. Une intervenante marocaine détaille son combat dans son pays pour la liberté de conscience, d’expression, l’accès à la connaissance, la liberté sexuelle, la liberté de croyance. Son mouvement organise des actions symboliques et prône la désobéissance civile. Il s’agit d’accompagner le changement des mentalités par des actions marginales. Elle cite l’exemple d’un pique-nique en plein air organisé dans une forêt en plein ramadan en 2009, l’idée étant de faire réfléchir sur la liberté de conscience, de croyance quand le fait d’être né au Maroc rend obligatoirement musulman et impose l’adhésion à l’Islam (exception faite des quelques 3000 Marocains juifs). Au Maroc, le fait de ne pas respecter le ramadan peut être puni de 6 mois d’emprisonnement. Pour elle, la religion appartient à la sphère privée, et chacun devrait pouvoir choisir en toute liberté sa religion, d’être agnostique ou athée. Son mouvement est marginalisé et les autorités ou les médias font passer ses sympathisants pour des « mécréants » même si beaucoup de membres sont musulmans. Elle rappelle que le Maroc a ratifié une convention internationale garantissant la liberté de croyance. D’autres actions visent à dénoncer le harcèlement sexuel dans l’espace public.

Une autre intervenante parle du droit à l’avortement. Elle appartient à un mouvement qui sensibilise sur cette question au Maroc et fournit des informations précieuses par internet aux femmes qui souhaite avorter dans des pays où c’est encore illégal. Le site (www.womenonweb.org) permet d’être mis en relation avec des médecins et de recevoir des pilules abortives par la poste (technique la plus sûre recommandée par l’OMS). Cette solution a aussi l’avantage de permettre aux femmes de maîtriser le processus d’arrêt de la grossesse elle-même sans passer par un médecin sur place. Le simple fait de parler de l’avortement est interdit au Maroc, comme sa pratique. Pourtant elle affirme que 600 à 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour et qu’au moins une femme sur trois est confrontée dans sa vie à un avortement dans son pays. Elle insiste sur le fait qu’il s’agit aussi d’une question de classe sociale car les femmes qui ont de l’argent peuvent avorter dans des conditions plus sûres dans le pays ou à l’étranger.
Les différentes intervenantes souhaitent profiter de leur présence au FSM pour monter un groupe de travail sur la création d’une plateforme internet. Ce site pourrait servir à mobiliser, informer, créer des pétitions au niveau international (de type www.avaaz.org) mais permettrait aussi aux différents mouvements féministes de s’entraider et de s’encourager car parfois le combat est difficile et lourd à porter (feministnetworkproject@gmail.com). Les militantes et certaines femmes présentes échangent leur contact, certaines s’inscrivent dans ce groupe de travail. Pendant l’atelier, une participante voilée a pris la parole en affirmant ne pas comprendre pourquoi il était question ici du corps de la femme, de sexualité (elle dit exactement « organes génitaux ») et d’avortement. Elle énumère – en lisant une feuille - toute une série d’autres sujets concernant les femmes, notamment économiques. Certaines intervenantes semblent particulièrement agacées car elle est effectivement hors-sujet ou bien n’a pas lu l’intitulé de l’atelier.
Je m’interroge sur la présence de ces femmes sur le Forum social en général car j’ai remarqué que plusieurs associations installées sous des tentes semblaient proches des islamistes. Je pense qu’il n’y a rien de très étonnant car le tissu associatif est diversifié et les islamistes en font partie. Je parle aussi avec une femme non voilée qui appartient à une association féministe islamiste. Un peu curieux de ce qu’elle pourrait dire sur le sujet je lui propose une interview qu’elle refuse, m’expliquant qu’elle ne peut pas parler au nom de son association.

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